Gabriele Tassinari - Relations entre humains et non humains : coopération, utilisation ou exploitation ?

Aux côtés de la tradition la plus connue de l’éthique animale, fondée sur des caractéristiques intrinsèques de l’individu tels que la conscience et la personnalité, il y en a une autre qui donne aussi de la valeur aux qualités du contexte et des relations dans lesquels les dilemmes éthiques prennent forme.
Les approches de ce deuxième type ne sont pas nécessairement plus vulnérables au problème du spécisme, bien qu’elles présentent parfois des risques spécifiques : la discrimination entre internes et externes et la plasticité des relations à l’action humaine. D’autre part, leur spécificité permet de rendre plus fin le réseau de nos concepts moraux.
Le cas qu’on abordera est celui des relations d’utilisation et coopération. Les humains utilisent plusieurs dizaines de milliards d’animaux chaque année dans une pluralité de processus productifs. On s’est souvent interrogés sur l'acceptabilité de de ces processus, dont une grande partie entraîne des souffrances inacceptables. On posera ici des questions différentes : certaines relations productives peuvent-elles être pensées comme instances de coopération ? Si ces relations ne doivent ou ne peuvent pas être abandonnées, engendrent-elles des obligations de réciprocité, c'est-à-dire à partager les fruits du travail entre les diverses espèces ?

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