Adrian Debord - La question animale du point de vue de l'anthropologie. Les mythologies du carnisme et du spécisme

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Plan détaillé

Présentation

La question animale a déjà été abordée par de nombreuses disciplines : le droit, la philosophie, l'histoire ou encore bien sûr l'éthologie, grâce auxquelles nous pouvions bénéficier d'une meilleure approche et d'une meilleure compréhension des enjeux associés aux animaux actuellement dans notre société.

Il nous semble maintenant fondamental, à moi comme à d'autres, d'y ajouter l'anthropologie pour l'approche spécifique de cette discipline et la richesse de compréhension qu'elle permet d'offrir des enjeux symboliques d'un phénomène social – ici, notre rapport aux autre animaux.

Cette conférence a donc pour objet d'introduire l'anthropologie comme champ spécifique d'étude de la question animale et de dresser un rapide portrait des enjeux symboliques qui y sont liés, dans une société carniste et spéciste.

Une approche anthropologique du carnisme s'impose, parce qu'il est considéré comme une norme de consommer la chair animale, chair qui fait pour cela l'objet d'un traitement linguistique, visuel et symbolique particulier, et dont l'acte de consommation revêt lui aussi une symbolique forte – c'est ce dont nous parlerons dans une première partie de la conférence.

Et du spécisme, parce qu'il est également considéré comme une norme de présenter l'espèce humaine et les intérêts de celle-ci comme supérieurs à ceux de toute autre espèce animale, avec les conséquences très graves pour ces autres espèces que nous connaissons. La particularité du spécisme dans notre société est d'en être ce que nous pouvons nommer une « idéologie fondatrice », c'est-à-dire à la base d'un système de pensée et de perception du monde, et d'exister en fonction de critères d'évaluation précis qui conditionnent beaucoup de rapports humains-autres animaux, mais aussi de très nombreux rapports inter-humains.

Ces « mythologies » du carnisme et du spécisme, et leur lien avec d'autres formes d'oppressions systémiques, sont donc ce qui vont nous intéresser au cours de cette conférence d'anthropologie de la question animale, dans une visée à la fois théorique et pratique : la volonté est ici de mettre la compréhension des enjeux symboliques au service des discours militants de terrain.

Adrian Debord est étudiant en master d'anthropologie à l'Université Lyon 2 et membre de l'association Sentience Lyon. Il a au cours de son cursus réalisé plusieurs études de la question animale dans notre société, en utilisant toujours des angles d'approche différents ; c'est aujourd'hui la synthèse des connaissances acquises sur le sujet qu'il propose dans cette conférence aux Estivales de la question animale.