Pierre Sigler - La morale chez les animaux non humains

Par Pierre Sigler.

Beaucoup de personnes, y compris parmi les animalistes, sont imprégnées de l’idée que seuls les humains agissent véritablement moralement, qu’ils sont capables de choisir de faire le bien ou le mal. Les autres animaux agiraient par nécessité, instinct, ils ne pourraient pas faire autrement, donc cela n’aurait pas de sens de leur reprocher leurs actions – tout au plus peut-on déplorer leurs conséquences, de notre point de vue humain.

Il faut faire une distinction entre la responsabilité juridique, qui nécessite de connaître et comprendre les lois, et l’agentivité morale, agir pour des raisons morales (bonnes ou mauvaises). Les enfants de moins de 12 ans ne sont pas juridiquement responsables, mais peuvent être des agents moraux. Il en va de même pour les animaux non humains.

Dans une première partie, je passerai en revue les études d’éthologie sur la morale chez les non-humains. Puis nous aborderons les débats philosophiques. Comme souvent, ils tournent autour des définitions. On en trouve des suffisamment restrictives pour exclure tous les non-humains (et certains humains), qui n’ont au mieux qu’une « proto-morale », d’autres sont si larges qu’elles font de tous les sentients des agents moraux (plus ou moins développés).